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Proposition de ECAM pour limiter l´impact négatif du COVID-19 sur les PME camerounaises
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La situation de crise provoquée par le COVID-19 appelle tout d’abord quelques observations préliminaires concernant la structure du marché des entreprises au Cameroun, avant d’aborder les mesures de limitation de ses effets sur les différentes entités.
Au titre des observations générales, nous pouvons retenir les éléments ci-après :

1.  Les conséquences économiques et financières de la crise sanitaire provoquée par le COVID-19 sont indéniables et restent difficilement quantifiables, aussi bien au Cameroun que dans le reste du monde. Du fait des incertitudes entretenues, de la réduction de la mobilité des personnes ou de l’arrêt pur et simple de certaines activités, l’impact observable à court terme se traduira notamment par un ralentissement des investissements, une forte érosion de la production des entreprises et de leur chiffre d’affaires, une forte dégradation du portefeuille crédits des institutions financières, etc.

2.  Dans le cas spécifique du Cameroun, la première caractéristique du marché des entreprises est l’importance relative du secteur informel qui occupe la plus grande masse des PME, et dont les contributions économiques et fiscales échappent aux statistiques officielles, autant que l’encadrement des acteurs qui y exercent est rendu extrêmement difficile.

La seconde caractéristique, portant sur le secteur formel, révèle d’une part, une surpopulation d’entreprises dans le secteur tertiaire (84,1%), et notamment dans le sous-secteur Commerce qui enregistre 51,4% du nombre total d’entreprises et, d’autre part, une domination des grandes entreprises dans la structure du chiffre d’affaires, avec 66% des parts, alors qu’elles ne représentent qu’une population de 0,2%, soit 307 entreprises sur 203 287. Les PME quant à elles contribuent à 34% au total du chiffre d’affaires et représentent 99,8% en nombre d’entreprises, dont 79,1% de TPE. (Source : Recensement Général des entreprises RGE-2016.

3.  L’analyse de la répartition du chiffre d’affaires des PME suivant le secteur d’activité, montre que le secteur tertiaire contribue à hauteur de 84,60%, contre 14,63% pour le secteur secondaire et moins de 1% pour le secteur primaire. (Source : la base du RGE-2016).

4.  Le secteur bancaire accusait déjà une dégradation importante de son portefeuille de crédit avant la crise COVID-19, avec environ FCFA 579 Milliards de créances en souffrance courant 2019 (13,86% du total des crédits), dues en majorité par les grandes et moyennes entreprises, les PE et TPE se finançant essentiellement par des voies alternatives informelles (autofinancement, tontines, appuis familiaux, associatifs, etc.).

Le volume global de crédit bancaire à l’économie était estimé sur la même période à FCFA 175 Milliards, dont FCFA 3 525 Milliards venant des établissements de crédit, FCFA 150 Milliards venant des établissements financiers et FCFA 500 Milliards venant des établissements de microfinance.
Les parts de crédit en valeurs relatives des entreprises de type GE et ME sont estimées à 65,27% en 2019, soit FCFA 2 301 Milliards ; contre 5,30% en 2019, soit FCFA 187 Milliards pour les PE et TPE.
La crise sanitaire aura pour conséquence d’aggraver cette situation déjà préoccupante, dans des proportions incommensurables, en l’état actuel des informations disponibles.

Parlant des mesures préconisées pour limiter les effets négatifs de la crise, nous pouvons suggérer ce qui suit :

A. Des mesures d’urgence et de sécurité sanitaire :

1. Recenser toutes les entreprises exerçant dans les sous-secteurs d’activités stratégiques tels que, alimentation, santé, transport, communication, eau et électricité, afin de s’assurer de leurs capacités à offrir les biens et services de première nécessité pendant toute la durée de la crise ;

2.  Organiser des consultations  par sous-secteur d’activités, pour identifier, analyser et régler tous les problèmes (d’ordre technique, opérationnel, fiscal, douanier, social ou financier) pouvant compromettre la capacité de ces entreprises à réaliser leurs activités ;

3.  Créer des mécanismes de collecte et de stockage des denrées de première nécessité généralement commercialisées par les petits opérateurs du secteur informel, afin d’en assurer une redistribution dans des conditions sanitaires plus sécurisées, tout en évitant une forte mobilité des opérateurs concernés vers les différents marchés traditionnels ; le MINAT pourrait être restructuré à cet effet.

4.  Mobiliser la logistique de collecte et de distribution auprès des entreprises de transport de marchandises et commerce, de façon à assurer à ces dernières un minimum d’activités durant la crise ;

5.  Créer une plateforme de recensement des entreprises en difficulté, quel que soit le secteur d’activités, formel ou informel, afin de préparer un programme de relance globale de l’économie post crise sanitaire, et d’étudier au cas par cas les mesures de soutien à accorder à chaque entreprise.


B. Des mesures de sécurisation du système financier et la protection des actifs publics et privés :

6. Constituer un fonds de garantie souveraine permettant de couvrir les engagements compromis auprès des banques pendant la crise, et d’en assurer le suivi et le recouvrement après la crise. La gestion d’un tel fonds devrait être coordonnée collégialement par les représentants des Autorités publiques, des Autorités monétaires, du Secteur privée et des Partenaires au développement ;

7.  Prendre des dispositions exceptionnelles pour faciliter l’accès au crédit ou la restructuration des engagements des entreprises exerçant dans les sous-secteurs d’activités jugés stratégiques pendant la crise (alimentation, santé, transport, communication, eau et électricité), afin d’en assurer la compétitivité et l’efficacité ;

8.  Associer les Institutions financières à la gestion de la plateforme de recensement des entreprises en difficulté, afin d’y intégrer la prise en charge des créances compromises, tout en distinguant la situation pré-crise sanitaire à celle post-crise sanitaire et en harmonisation les solutions de sortie de crise autour d’un programme concerté de relance des activités par sous-secteur d’activités ;

9.  Envisager la distribution aux ménages de bons publics de consommation en produits de première nécessité, convertissables auprès des institutions financières exclusivement par les entreprises agréées à les recevoir en contrepartie des ventes de leurs produits et services.

C. Des mesures fiscales et sociales :

10.  Suspendre les délais en matière de contentieux fiscal et assouplir les mesures de contrôle fiscal et de recouvrement pour permettre de détendre le climat social et de soutenir les entreprises exerçant dans les sous-secteurs d’activités jugés stratégiques pendant la crise (alimentation, santé, transport, communication, eau et électricité) ;

11. Suspendre toute les mesures de recouvrement forcé (blocage de compte…) et ajuster les mécanismes de recouvrement et les délais de paiement des impôts aux contraintes opérationnelles et financières validées de commun accord dans le cadre concertations organisées par sous-secteur d’activités ;

12.  Associer les Administrations fiscales (intérieure et à la porte) et sociales à la gestion de la plateforme des entreprises en difficulté, afin de leur permettre de préconiser des mesures d’accompagnement par sous-secteur d’activités et par entreprise dans la mesure du possible.

D. Des mesures de stabilisation des prix sur le marché :

13.  Renforcer les mesures de contrôle des prix sur les marchés et sanctionner sévèrement   les comportements spéculatifs de certains opérateurs véreux (saisie, fermeture, retrait de licence) ;

14.  Anticiper la possibilité de créer des points officiels de stockage et de redistribution des denrées de première nécessité, en coordination avec les entreprises impliquées dans la collecte et le stockage dans les entrepôts privés ;

15.  Assurer une veille stratégique sur le marché international pour garantir la disponibilité des produits importés de première nécessité et faciliter leur acheminement vers le Cameroun, en collaboration avec les Institutions financières, l’administration douanière et les autorités portuaires.

Le mouvement patronal ECAM dispose d’un outil pouvant servir de base pour la création de la plateforme de gestion des entreprises en difficulté, et en même temps de socle pour la conception d’un programme plus vaste de relance globale de l’économie du Cameroun, après la crise sanitaire.

Le mouvement patronal ECAM est disposé à mettre cet outil à la disposition du Gouvernement pour une exploitation rapide et une maîtrise efficace des risques systémiques liés à la crise sanitaire COVID-19.


Fait à Douala, le 02  Avril 2020

                    
Pour ECAM, le Président
PROTAIS AYANGMA

 
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